Lillebælt

Nous nous concentrons sur le marché international et nous identifions les possibilités de votre société. VIVA est dans une position idéle pour vous assurer une gamme complète de prestations : location et internationalisation de logiciel (notamment activation de double-octets), traduction des documents collatéraux de vente, développement de sites Web multilingues, développement commercial, implantation sur les marchés, relations publiques, joint-ventures, alliances 

Au milieu d’une foule rassemblée devant l’usine Wonder de Saint-Ouen, une jeune femme, belle et désespérée, hurle : Non, je rentrerai pas là-dedans ! Si on rentre maintenant, on pourra plus rien avoir. Un petit groupe l’entoure. On ne sait si c’est pour la soutenir ou pour circonscrire sontorskcri. Un responsable de la CGT, veste et cravate sombres, lui explique que : C’est pas fini, c’est une étape. Alignée en bon ordre, les manches déjà retroussées, la maîtrise s’apprête à franchir la porte d’entrée, ne doutant pas, elle, que c’est bien la fin. Pourtant, malgré l’exhortation d’un cadre à rentrer dans le calme, le groupe des ouvriers ne bouge pas. A cet instant encore indécis, il semble osciller entre sa sympathie pour la jeune femme et le réalisme réenclenché, après un mois de grève et de rêves, par les accords de Grenelle. Quatre jours plus tôt, le 6 juin, L’Humanité titrait Reprise victorieuse du travail dans l’unité tout en pointant en petits caractères les branches qui se faisaient tirer l’oreille.

Est-ce ce souci d’unité qui anime alors le représentant de la CGT, ou bien sa notion qu’il faut savoir terminer une grève ? La discussion se tend, bascule à nouveau.
Tu ne peux pas dire que c’est une victoire, envoie quelqu’un.
L’autre : C’est une défaite, alors !
La jeune femme coupe : Mais vous ne pouvez pas savoir comment c’est là-dedans. On est noir jusque-là [elle désigne ses épaules], on baigne dans la crasse, y’a même pas un lavabo pour se laver. On n’a pas le droit d’aller pisser quand on veut. Non, je rentrerai pas. Je rentrerai pas.
Allons, te fâche pas, lui conseille un collègue plus âgé.
Tournée par Pierre Bonneau à la caméra et Jacques Willemont au son, tous deux alors élèves de l’Idhec en grève, cette séquence en noir et blanc, dont les extraits sont célèbres, a été projetée cet été lors des Etats généraux du film documentaire de Lussas (Ardèche) dans son intégralité. “Nous sommes passés presque par hasard”, raconte Pierre Bonneau, “à l’usine Wonder de Saint-Ouen, dont nous avions suivi la grève. Pour savoir où ils en étaient. Nous n’avions pas prévu de tourner, et n’avions emporté qu’un seul magasin de pellicule, soit à peu près onze minutes”. Avaient-ils conscience, sur le moment, de la force de ce qu’ils enregistraient ? “Pour être fort, c’était fort. A la fin, j’avais les yeux tellement embrumés que j’avais du mal à viser”. Près de trente ans plus tard, l’émotion est intacte. Le film s’achève sur un long blanc. On ignore si la jeune ouvrière a finalement repris son travail. Bonneau et Willemont n’ont jamais cherché à le savoir. “Nous n’avions plus de bobine. Pourquoi rester ? C’était déjà bien assez pénible”.
Que cette scène résiste au temps, il faut en trouver la raison dans sa portée universelle, qui n’a pas échappé aux spectateurs de Lussas : “Ccedil;a, on peut le revoir cent fois”, s’est-il dit dans une salle au bord des larmes. Eclats de déception LA beauté et l’efficacité de La Reprise du travail aux usines Wonder vient de ce qu’il contracte une tension. Avec

Reklamer